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Maryse CONDÉ

Maryse Condé (La mémoire des îles, la voix de l’Afrique)

 

“L’Afrique est en moi, même si je suis née ailleurs.”

Maryse Condé (1934–2024), romancière guadeloupéenne, fut l’une des plus grandes voix littéraires du monde noir. Par sa plume, elle a su relier les Antilles à l’Afrique, la mémoire à l’Histoire, la voix des femmes à celle des peuples oubliés.


Ayant vécu en Guinée, au Ghana et au Sénégal, elle a enseigné la littérature tout en s’imprégnant des traditions orales africaines. Cette expérience a profondément marqué son œuvre, notamment dans son roman le plus célèbre, Ségou, une fresque historique retraçant le destin d’une famille de griots à l’époque des empires ouest-africains.


Condé ne racontait pas seulement des histoires : elle questionnait, elle secouait, elle révélait. Son écriture mêlait mémoire personnelle et critique sociale, dénonçant le racisme, le patriarcat et les violences de l’Histoire coloniale.


Lauréate du Prix Nobel alternatif de littérature en 2018, Maryse Condé a laissé une œuvre universelle, traversée par l’humanisme, l’exil, la liberté et la mémoire des peuples noirs.


Œuvres marquantes :

  • Ségou (2 tomes, 1984-1985)

  • Moi, Tituba sorcière noire de Salem

  • La migration des cœurs

  • En attendant la montée des eau

Fiche de lecture 

Titre de l’œuvre :

Moi, Tituba sorcière… noire de Salem


Autrice :

Maryse Condé


Année de parution :

1986


Contexte historique et culturel :

Inspirée d’un personnage réel, Tituba est l’une des premières femmes accusées de sorcellerie lors des célèbres procès de Salem, en 1692, aux États-Unis.

Maryse Condé réinvente cette figure oubliée dans une fiction militante, réinscrivant Tituba dans l’histoire des femmes noires, des esclaves, des guérisseuses, de celles que l’histoire officielle a réduites au silence.


Résumé de l’œuvre :

Tituba naît esclave à la Barbade. Orpheline très jeune, elle est élevée par une vieille femme guérisseuse, Mama Yaya, qui lui apprend les savoirs des plantes et des esprits.

Libre et passionnée, Tituba tombe amoureuse de John Indien, qu'elle suit à Boston. Là, elle est vendue à un pasteur puritain et accusée de sorcellerie. Elle sera emprisonnée, humiliée, puis renvoyée dans son île natale.

Dans l’adversité, elle garde sa liberté intérieure, sa parole lucide, et sa capacité à rêver. Elle incarne une mémoire douloureuse mais féconde.


Personnages principaux :

Tituba : Femme libre, guérisseuse, victime de la peur et du racisme


John Indien : Amant faible et opportuniste


Samuel Parris : Pasteur puritain, maître de Tituba à Salem


Mama Yaya : Vieille guérisseuse, mère de substitution de Tituba


Hester : Femme blanche condamnée à mort, féministe avant l’heure, amie de prison de Tituba


Thèmes abordés :

  • Esclavage et colonisation

  • Racisme et misogynie

  • Mémoire des femmes noires

  • Savoir traditionnel et spiritualité

  • Résistance intérieure et dignité


Pourquoi cette œuvre est puissante ?

Maryse Condé donne voix à l’une de celles qu’on avait effacées. Elle transforme une figure historique oubliée en héroïne universelle, et rappelle que la sorcellerie, dans l’histoire des peuples opprimés, fut souvent le nom donné à la liberté.


Citation-clé :

« J’étais noire et femme. Je ne pouvais pas échapper à mon sort. »

Edition -

15 juin 2025

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