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Lao Kouyaté, la kora comme passeport entre héritage et scènes du monde

Lao Kouyaté, la kora en mouvement entre héritage et scènes du monde


Dans le paysage musical ouest-africain, Lao Kouyaté occupe une place singulière : celle d’un musicien qui fait voyager la kora bien au-delà de son ancrage traditionnel. Héritier d’une lignée griotique, il s’est construit un parcours où la mémoire mandingue rencontre les scènes contemporaines, les festivals internationaux et les collaborations transfrontalières.

Sa trajectoire commence dans un univers fortement marqué par la transmission. Selon sa biographie publiée en ligne, Lao Kouyaté est né en 1970 dans un village de Casamance, au sein d’une famille de griots, et il est très tôt lié à la kora, qu’il considère comme indispensable à son expression musicale . La même source précise qu’il rejoint Dakar en 1984, où il développe ses compétences de koriste et de luthier, tout en expérimentant déjà des passerelles entre blues mandingue, jazz et variété française .

Lao Kouyaté ne s’est pas contenté d’un parcours d’interprète local. En 1992, il intègre le groupe Alabatu, puis collabore avec plusieurs artistes et formations, notamment Kade Diawara, Assane Mboub, Domou Jolof, Athia Vele et Abou Diou Badeh, avec qui il part en tournée . Cette période est importante, car elle montre un musicien déjà inséré dans des circulations régionales, où la scène devient un lieu d’apprentissage autant qu’un espace de diffusion.


Œuvres et albums


Parmi les œuvres majeures attribuées à Lao Kouyaté, plusieurs albums ressortent nettement.

Son premier opus solo est enregistré à Rome en 2005 et 2006, après une période de forte mobilité artistique en Europe . Un autre album important, Naalou, est présenté comme un hommage vibrant à sa mère et aux femmes, ce qui inscrit son travail dans une dimension intime et mémorielle .

La discographie mentionnée par Apple Music comprend aussi Jamana, Africa Molou, Mama Diarama, Lao Nata et Sénégal Sori Ngama, qui témoignent d’un répertoire déjà identifiable et diffusé .

Son site et ses pages de présentation insistent sur une démarche artistique ouverte, où la kora avance “aux racines de la tradition et au-delà” . C’est là l’une des clefs de lecture de son œuvre : Lao Kouyaté ne répète pas seulement un héritage, il le déplace, le réorganise et le projette dans d’autres contextes musicaux. Cette posture le rapproche de la figure du griot moderne, telle qu’analysée dans la recherche académique consacrée à son parcours .


Tournées et scènes internationales


Le parcours de Lao Kouyaté est aussi marqué par une circulation internationale importante. La biographie publiée sur son site indique qu’il participe à de nombreux festivals en Allemagne, en Autriche, en Belgique et en Suisse, y compris au Montreux Jazz Festival, l’un des rendez-vous majeurs de la scène musicale mondiale . Cette présence dans des festivals prestigieux montre qu’il a su inscrire la kora dans des espaces où elle dialogue avec d’autres musiques et d’autres publics .

Après son installation à Rome, Lao Kouyaté se produit également dans des cadres artistiques variés. Il est invité en 2004 par l’Académie de danse pour accompagner le spectacle Allah n’est pas obligé, puis partage la scène avec Mau Mau, Anna Oxa et Guido Bombardieri . Il travaille aussi à la musique du film L’ultimo Pulcinella de Mauro Pagani et Massimo Ranieri, où il tient même un petit rôle d’acteur . Cette polyvalence confirme qu’il ne s’est pas limité à la scène musicale classique, mais qu’il a aussi investi le champ du spectacle vivant et du cinéma.


Installation et ancrage


La question de son établissement est clairement documentée : après avoir quitté le Sénégal pour l’Europe, Lao Kouyaté s’installe à Rome, où il enregistre une partie importante de son travail et multiplie les collaborations . Plus tard, en 2010, il s’installe dans le sud de la France, d’où il traverse ensuite le pays pour être convié à de nombreux festivals . Cette mobilité géographique n’est pas un simple détail biographique ; elle fait partie de son identité artistique, façonnée par le déplacement, la rencontre et l’adaptation.

En définitive, Lao Kouyaté incarne une figure précieuse de la musique africaine contemporaine : un artiste de la kora qui assume son héritage tout en l’ouvrant à l’Europe, au jazz, au spectacle vivant et aux circuits internationaux . À travers ses albums, ses tournées et ses collaborations, il fait entendre une musique qui n’est jamais figée, mais toujours en passage. C’est sans doute là que réside sa force : transformer la tradition en mouvement .


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Edition -

15 mai 2026

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