
Le pagne partagé : quand tout un peuple s’habille de la même étoffe au Bénin

Le pagne partagé : quand tout un peuple s’habille de la même étoffe au Bénin
Par
Bruno LENGANI
Écrivain et journaliste culturel indépendant
Savane Écho
Au Bénin, le pagne n’est pas qu’un vêtement. Il est un langage social, une mémoire et un signe d’appartenance. Lors des mariages, des funérailles ou des baptêmes, il n’est pas rare de voir toute une famille – parfois un quartier entier – porter le même tissu. Cette pratique transforme l’habit en symbole d’unité.
Dans de nombreuses régions du Bénin, les familles choisissent un pagne spécial pour leurs cérémonies. Hommes et femmes utilisent la même étoffe mais l’adaptent à leur style : boubou brodé pour les hommes, robes élégantes ou ensembles modernes pour les femmes, chemises ou vestes pour les jeunes. Le tissu devient alors un signe visible qui relie les membres d’une même histoire.
Certaines villes béninoises sont particulièrement connues pour cette culture du pagne.
À Cotonou, capitale économique du pays, les marchés regorgent de tissus colorés et de créations originales. Les couturiers y rivalisent d’imagination pour transformer les pagnes en vêtements modernes et élégants.
À Porto-Novo, capitale historique, les cérémonies familiales conservent une forte tradition vestimentaire. Lors des mariages et des fêtes culturelles, les familles apparaissent souvent vêtues du même pagne, chaque tenue révélant la créativité du tailleur.
Abomey, ancienne capitale du royaume du Dahomey, rappelle quant à elle le lien profond entre pagne et héritage historique. Certains motifs et couleurs évoquent encore les symboles des anciens royaumes et les traditions de la cour royale.
La mode africaine contemporaine a également contribué à faire rayonner le pagne au-delà des frontières. Des créateurs africains et internationaux s’inspirent aujourd’hui de ces tissus pour créer des collections modernes qui mêlent tradition et élégance.
Ainsi, le pagne béninois continue de vivre et d’évoluer. Dans ses couleurs et ses motifs se tisse bien plus qu’un vêtement : une mémoire collective.
Au Bénin, s’habiller du même pagne, c’est rappeler qu’au-delà des styles et des générations, un peuple partage toujours la même étoffe d’histoire.
Edition -
13 mars 2026


